
Low Tech Numérique
Avec l'explosion du numérique ces dernières années et les évolutions high-tech qui servent à la croissance économique de grandes entreprises, un contre-courant technologique est né pour replacer l'humain et son environnement au coeur du sujet.
Qu'est-ce que la Low Tech
La low-tech ou basse technologie est un ensemble de techniques simples, pratiques, économiques et populaires. Ces techniques sont orientés vers l'avenir pour préserver la planète et recréer des liens sociaux. Le terme à été crée en opposition à l’high-tech. Le concept, lui, nous vient de l'aube de l'humanité.
Principes de bases
La Low Tech possède plusieurs concepts essentiels qui sont pensés dès les premières phases de création du produit. Le but est d'avoir dans un premier temps des objets facilement réparables contrairement aux boites noires que sont, par exemple, la plupart des smartphones sur le marché aujourd'hui. Aussi, les produits sont conçus pour avoir une fonction unique contrairement à des systèmes complexes et interdépendants.
Si on aborde le software, les logiciels et contenus libres sont privilégiés pour réduire les coûts et favoriser la maintenance et l'amélioration continue.
Ces principes sont la pour favoriser l'indépendance, la durabilité et l'éthique du produit.
En France, la low tech à été insufflé par l'auteur Philippe Bihouix avec son livre l'Âge des low tech. Publié en 2014, c'est un livre déclencheur. C'est aussi un ouvrage "coup de gueule" qui ne donne pas beaucoup d'espoir quand à l'appauvrissement des ressources sur notre planète. L'auteur propose des solutions utilisant les principes low tech pour un avenir durable.

Cas concrets
Beaucoup d'innovations low tech viennent de pays défavorisés qui sont loins d'avoir accès aux dernières technologies et aux derniers smartphones.
Un exemple connu est la lampe à gravité qui est basé sur un simple système de poids qui actionne une dynamo.

On peut retrouver aussi un frigo qu'on enterre dans le jardin pour garder la nourriture à bonne température sans dépenser d'énergie.

Ça peut paraitre surprenant mais le low tech peut s'appliquer également aux téléphones avec le Fairphone, ce téléphone qui à fait le pari d'être équitable.

Des projets accessibles
Le partage et l'open source est au coeur de la Low Tech.
Correntin de Chapeleron, ingénieur Breton à voyagé sur un voilier pendant 3 ans pour découvrir et expérimenter des solutions low-tech. Il a fondé le Low Tech Lab ou lui et d'autres partagent leurs inventions.

Low tech numérique ?
Low Tech et numérique semble dans le principe en opposition. Le numérique est aujourd'hui très associé à l'innovation high-tech et évolue comme si on vivait dans un monde aux ressources illimités. La manière dont le numérique évolue aujourd'hui n'est pas durable et la course effréné vers les nouvelles technologies ne pourra pas continuer éternellement.
Le terme a été popularisé par Frédéric Bordage, expert du numérique et créateur de GreenIT.fr, cabinet de conseil et communauté d'expert qui oeuvrent pour un numérique plus vert.
La low tech numérique se veut une alternative pour l'évolution du numérique. Dans les services, elle est représenté par exemple par la distribution open-source Lubuntu. Cet OS très légé et performant permet de donner une nouvelle jeunesse à l'ordinateur de mamie et ainsi d'augmenter sa durée de vie.
Sur le web aussi, la low tech est possible comme le montre Kris De Decker avec son site Low Tech Magazine alimenté à l'énergie solaire.

C'est un site web entièrement low tech. Toute la démarche est très bien documenté pour pouvoir facilement le reproduire. Le gain énergétique est aussi documenté. Ici, l'auteur a poussé le concept à l'extreme : aucun tracking, aucun service tiers, pas de typographie ajouté, pas de logo, images de très basse qualités et monochromes. Face à des clients, des entreprises qui veulent renouveler leur image de marque, ce serait un concept difficile à vendre. Mais est-ce que ça signifie que pour un web durable on doit homogénéiser les pages, arrêter les expériences interactives ? On doit supprimer la communication de marque ?
Les promesses du numérique
A la base le numérique était vu comme écologique. Plus besoin d'imprimer des papiers, un mail suffi. Aujourd'hui, envoyer un mail consomme autant voir plus d'énergie que d'imprimer un papier, qui lui, est recyclable.
On disait aussi que les innovations numériques allait permettre un gain de temps incroyable. On perd plus de temps sur nos smartphones qu'on en gagne. On étudie le moyens de nous faire passer le plus de temps possible devant nos écrans pour une publicité, pour un clic sur une bannière.
On disait que le numérique allait considérablement contribuer à la croissance économique. Il n'a pas fait augmenter le PIB et à tout au plus déclenché des dérèglements financiers mondiaux.
Le numérique promettait un accès à l'information utile et en temps réel. Ce sont plutôt les GAFAM aujourd'hui qui récoltent les informations en temps réel sur nous.
Le problème avec le Low Tech

Comme les toilettes sèches pour le citadin moderne, le low tech dans le numérique est difficile à rendre acceptable.
On vit, en France, dans un pays riche et on peut se poser la question de l'utilité véritable de la low tech. On a les centrales nucléaires, on a l'eau courante, pourquoi faire des toilettes sèches ? Pourquoi installer une éolienne dans mon jardin.
Le but de la Low Tech n'est pas de préparer sa survie dans un monde post apocalyptique. C'est plutôt d'entrevoir des possibilités durables, éthiques et humaines face aux systèmes qui ne se soucient pas de la limitation des ressources.
La principale problématique pour la Low Tech aujourd'hui est de la rendre acceptable. On parle ici du design, de la conception du produit.
Le collectif BAM, en France, à crée une méthode innovante pour replacer l'humain et l'éthique au coeur du sujet. En résumé, il va s'agir de se poser les bonnes questions au début de la réflexion sur l'élaboration d'un produit : Pourquoi on fait ce projet ? Avec quels partenaires ? Quelle matières premières on utilise ? Quel type de système ? Comment c'est fabriqué ?
Lors de la conception d'un produit, le premier réflexe est souvent de se dire : "On va faire une application !". Ce n'est pas forcément une bonne solution.
On peut réfléchir d'abord à quel matériel, quelles ressources on a à disposition.
Le plus important n'est pas de se demander comment concevoir un produit low tech mais plutôt de se demander qu'elle est la meilleur réponse à la problématique utilisateur qui amènerait ce produit.
Sources



